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Etes-vous un parent hélicoptère?

hélico

Le surprotecteur

Surprotéger, surveiller...



L’appellation de parent hélicoptère tire ses origines d’un best-seller écrit par le psychologue israélien Haim Ginott, Entre Parents et Adolescents, publié en 1969. Le terme désigne au Canada et aux États-Unis un parent qui « plane » au-dessus de son enfant pour le diriger vers le « meilleur » avenir qui soit, ou encore qui vole à son secours dès qu'un problème se présente. Il s’ingère dans sa vie en permanence.

Cela part d’une intention positive puisque le parent hélicoptère souhaite rendre la vie de l’enfant plus facile, tirer le meilleur de lui-même, l’accompagner et faire en sorte qu’il ne soit pas blessé ou ne choisisse une mauvaise voie. » Dans l’espoir de protéger leur enfant, ces nouveaux « parents poules » cherchent à contrôler intégralement son quotidien. De bons sentiments au départ donc, qui finissent toutefois par causer de gros dégâts, en empêchant le bon développement physique et psychique de l’enfant.

Les nouvelles technologies accentuent ce phénomène

L'essor des nouveaux moyens de communication (téléphone et Internet) et de surveillance (exemple : caméra de vidéo-surveillance à placer dans la chambre des enfants) ont activement participé au phénomène des parents hélicoptères au XXIème siècle : ces derniers peuvent désormais planer au-dessus de leurs enfants à toute heure de la journée. Ainsi, selon un sondage de l'Université du Michigan en 2019, un quart des adolescents américains seraient, à différents degrés, entravés dans leur autonomisation par leurs parents.

Internet et les médias jouent un rôle très important dans cette montée en puissance des « parents hélicoptères ». Aujourd’hui, on « psychologise » toutes les questions liées à l’éducation des enfants. Avec internet et les réseaux sociaux, les parents ont accès à beaucoup d’informations sur les questions d’éducation contradictoires. Cela entraine des questionnements qu’ils n'avaient pas avant. Ils peuvent se sentir dépassés et pour contre balancer, ils vont reprendre le contrôle de façon excessive. D’autre part, dès l’entrée au collège et parfois même avant, les parents n’arrivent pas toujours à contrôler ce qu’il fait sur internet. Cela renforce leur angoisse et leur besoin de contrôle. On va alors observer des comportements de « voyeurisme »...


En Amérique du Nord, des parents accompagneraient leur enfant lors d'entretiens d'embauche, d'autres contesteraient bec et ongles leurs mauvaises notes scolaires.


Quelques exemples de profils de parents hélicoptères, avec pour constante qu’ils/elles vivent dans la peur.


* Les parents très inquiets concernant le futur de leur enfant et qui veulent prévenir toutes les directions ou décisions qu’il va prendre, notamment par rapport aux études supérieures. Cela commence donc dès la primaire, période où, selon eux, il est déjà temps de choisir des activités extra-scolaires ou développer des aptitudes qui serviront pour entrer dans une université en particulier plus tard.
* Les parents qui ne souhaitent pas que leur enfant soit déçu par la vie ou ne se sente seul.
* Des parents très angoissés par le rôle qui leur est alloué et qui ne savent pas comment faire.
* Des personnes très contrôlantes .
* Les parents voulant combler, compenser, poursuivre ce qu’ils n’ont pas eu, ce qu’ils n’ont pas pu faire, ou ce que leurs parents ne leur ont pas donné.
*Les parents qui se laissent guider par la pression sociale. Les parents doivent être de « bons parents ». Dans ces cas précis, cette dimension est poussée à l’extrême.
* Les parents qui ont attendu leur enfant très longtemps en raison de difficultés de conception ou ont fait face à de gros problèmes de santé durant la grossesse ou la naissance.

En couple, un seul des deux parents est généralement concerné. Cela mène d’ailleurs à des disputes régulières sur la manière dont se comporte l’un ou l’autre avec l’enfant. Le parent hélicoptère n’est pas disposé à encaisser les réflexions négatives qui vont à l’encontre de ses certitudes.


Comment détecter un parent hélicoptère ?


La limite se situe lorsque l’on empêche l’enfant de développer son autonomie. Il s’est fait un petit bobo ? Rien de dramatique en soi : nous avons tous fait des chutes enfant, nous nous sommes fait des petits bobos, des bosses….
Pourtant, les parents hélicoptères vont entrer dans la sur-dramatisation à chaque fois qu’il se passe quelque chose. Pour un enfant, le fait de lui répéter inlassablement que la situation est grave ou qu’il doit faire très attention, le pénalise durablement. Plus tard, cet enfant va vivre infantilisé au quotidien et ne parviendra pas à appréhender les épreuves qui se dresseront devant lui.
Inconsciemment, ils veulent le meilleur pour leur progéniture mais s'attendent toujours au pire !
Les parents hélicoptères adoptent une attitude intrusive en permanence et se sur-impliquent, que ce soit dans l’éducation, la vie scolaire, les émotions, la vie sociale… On parle alors d’abus, dans la mesure où l'enfant ne peut se construire normalement.
Afin qu’il ne ressente pas le sentiment de solitude, ils vont également s’arranger pour ne jamais laisser leur enfant seul. Or, un enfant pour se construire, développer sa créativité a besoin de temps où il ne fait rien, où il s’ennuie.
Les parents intrusifs vont jusqu’à fouiller les affaires de l’enfant, puis de l’adolescent, lire leur journal intime, surveiller leur téléphone, vouloir savoir avec qui il sort, va le suivre pour savoir où il va… Sans s’en rendre compte, en agissant ainsi les parents infantilisent leur enfant.


Les conséquences chez l'enfant


Nous pouvons alors, au bout de quelques années, observer chez l’enfant, un manque d’autonomie, une perte de l’estime de soi, d’indépendance, une difficulté à penser par soi-même, des dépressions, des difficultés sociales, des mensonges (plus il est surveillé, plus il cache, plus il s’éloigne de ses parents, plus il leur ment, un cercle vicieux !)..…
A l’adolescence, le jeune va se rebeller ne supportant plus cet hyper contrôle de sa vie, générant parfois des disputes d’une grande violence avec le parent trop intrusif.


Alors que faire?


Se positionner au-delà de ses propres angoisses n’est pas chose aisée. Pour le bien-être de l’enfant, en revanche, cela vaut le coup de s'asseoir un instant et de réfléchir à ce que l’on est réellement en train de provoquer chez lui en agissant de la sorte. Les enfants doivent pouvoir apprendre à faire des choix, dans la limite de leur possibilité et de la sécurité.
Et nommer le problème, c’est déjà un pas pour pouvoir trouver une solution. L'enfant n'est pas un prolongement de soi. Les parents ne sont là que lorsqu'il tombe, pour l’aider à le relever. Le parent hélicoptère doit questionner son rapport à l’environnement extérieur. Ainsi, il est nécessaire de lâcher prise et être honnête avec soi-même. Il faut être cohérent et se pouvoir se dire « est-ce que ce que je suis en train de faire est vraiment pour son bonheur ou est-ce motivé par ma peur ? ».


Que faire dans le couple?


L’incompréhension de la situation pour le conjoint ou la conjointe du parent hélicoptère va entraîner un vif agacement, une colère ou une déception profonde. Le rôle de ce partenaire est de faire ouvrir les yeux à son partenaire, de lui signifier que sa peur se transmet et devient contre-productive. Concrètement, il s’agit dans la mesure du possible, ouvrir la conversation, demander comment le parent angoissé peut être rassuré.